
Maintenant, démerdez-vous ! Philippe Saint-André dispense des coups de pompes hystériques sous la table de l’auditorium du Stade de France pour éviter de lâcher une saillie aux caméras TV. A ses côtés, Thierry Dusautoir affiche un regard absent. Le capitaine des Bleus est à l’image de ses coéquipiers, menacé d’un cafard pesant. Au sous-sol, Frédéric Michalak parle pour la France, pour sauver une nation qui ne fait plus rêver, qui n’est plus au niveau. Le secours de leur bonne volonté collective ne suffit plus à masquer l’étroitesse d’un jeu engourdi. Au lendemain de cette défaite face aux Gallois (6-16), PSA n’est même plus en colère. Sa patience aura vécu tout juste un an. « J’ai dit ce que je pensais, ce n’est plus de mon ressort…» Non, le sélectionneur-manager ne peut plus rien pour la grandeur de son équipe. Il pourra tout au mieux la ranimer pour quelques coups inutiles, à Twickenham le 23 février ou lors des trois tests de juin au Pays du Long Nuage Blanc. Pour la Coupe du monde 2015 ? Démerdez-vous.
Le futur n’appartient plus à PSA
Lundi, les Internationaux retrouveront leur club, contrat oblige. Mais ils ne pourront pas jouer la 18e journée de Top 14 pour préserver leurs artères. Alors pourquoi ne pas rester au CNR de Linas-Marcoussis pour bachoter leurs lacunes ? Bah bêta, on t’a dit que la convention LNR-FFR les autorisait à retourner dans leurs tanières pour ne surtout pas jouer en Championnat et rogner quelques jours à PSA ! Hein ??? Pour toutes informations complémentaires, merci d’écrire à Monsieur Paul Goze, 25-27 Avenue de Villiers 75017 Paris et Monsieur Pierre Camou, 3-5 rue Jean de Montaigu 91463 Marcoussis Cedex. L’équipe de France est coupable de sa médiocrité, son staff est coupable de ses choix, le Top 14 est coupable de l’asphyxier.
Où sont nos joueurs de classe mondiale ?
Mais soyons honnête, que manque-t-il à ces Bleus dont la décote au rang IRB a commencé ? William Servat n’a pas été remplacé et ne le sera vraisemblablement pas. Le charisme des parrains ronchons (Lionel Nallet, Imanol Harinordoquy, Dimitri Yachvili, Aurélien Rougerie) se cherche des héritiers parmi la nouvelle génération de beaux gosses fadasses. Mais surtout, l’équipe de France boite bas, trop bas. Rendons hommage à Marc Lièvremont d’avoir réclamé la bienveillance de Gonzalo Quesada pour corriger les frappes à géométrie (trop) variable de ses botteurs. Aujourd’hui, ni Frédéric Michalak, ni François Trinh-Duc, et encore moins Yoann Huget, incarnent ce stratège des trajectoires aériennes.
Il y a pourtant plus inquiétant. Si les avants du XV de France ont souvent été honorés ces dernières années par les cérémonies internationales, les trois-quarts, eux, végètent dans les équipes types C ou D. Les arrières tricolores ont un destin national à la hauteur du Top 14, guère plus. Où sont les Drew Mitchell, Bryan Habana, Israel Dagg français ? Nulle part. Même nos homologues européens Rob Kearney, Owen Farrell et Stuart Hogg nous obligent à une leçon de rugby. Non, il y a bien longtemps que le XV de France est orphelin d’une ligne de trois-quarts de très grande classe. Cette classe d’esthètes où l’on légende des crochets, des offloads, des passes sur un pas, des coups de pieds par dessus comme un grand flipper de funambules. L’équipe de France, elle, continue de faire tilt.
Vincent PERE-LAHAILLE
"Non, il y a bien longtemps que le XV de France est orphelin d’une ligne de trois-quarts de très grande classe." Pourtant Fofana est considéré comme le meilleur centre d’Europe par tous les spécialistes anglo-saxons. Il a prouvé son talent à ce poste lors du dernier tournoi en marquant 4 essais en 5 matchs et ne cessent de le prouver en HCup avec Clermont. Encore faudrait-il le faire jouer à son poste monsieur PSA.
*ne cesse